Tishma Tanz

Tishma Tanz

Revue de presse Tishma Tanz
Fiche d’accueil Tishma Tanz
Fiche technique Tishma Tanz

Création 2005 / Solo, durée 40 minutes

Distribution

Conception artistique, chorégraphie et interprétation / Jasmina Prolic

Inspirée de l’oeuvre de Aleksandar Tisma et de Zoran Music

Création lumière / Ivan Mathis

Création sonore / Jérôme Poret

Chants / Maja Pavlovska

Conception décor / Igor Gagulic

Costumes / Dominique Cornu

Partenaires

Coproduction : Ville d’Orléans, Théâtre Gérard Philipe

Coréalisation : Emmetrop

Projet réalisé avec le soutien de la Région Centre « aide à la création »

Remerciement à Mains d’œuvres (Saint Ouen), Darinka Nikolic (Novi Sad), Josef Nadj, au Centre Chorégraphique National d’Orléans, à Maja Pavlovska, Marion Binet, Laurent de Brue, Liza Gabry, Milos Lazin et Milomir Kovacevic.

La pièce

« J’étais vivant aussi, vivant avec impudence. » Aleksandar Tišma

« J’aime les choses réduites à l’essentiel, sans masque, sans surabondance, desquelles il n’y a rien de plus à supprimer. » Zoran Music

Dans la bulle de la mémoire, comme dans une pièce sécurisée,

Le corps flotte et se durcit.

Réminiscences et exorcismes.

L’inquiétude succède à la légèreté.

Les morts sont-ils parmi nous ?

Comment vivre quand on est un survivant ?

Jasmina Prolic

Faut-il se souvenir ? Peut-on ne pas se souvenir ? Et qu’est-ce que cela change ?

Sur les ruines de mondes engloutis, il faut recommencer de zéro.

Tishma Tanz est une réflexion sur la mémoire des survivants, librement inspirée par l’écrivain yougoslave Aleksandar Tisma et par le peintre Zoran Music.

Enveloppé dans sa bulle à la fois protectrice et étouffante, au-delà des mots impossibles, l’Homme se bat contre les réminiscences douloureuses de la mémoire.

Genèse du projet

Le projet « Tishma Tanz » a vu le jour en 2003 dans le cadre d’un stage organisé à Mains d’œuvres mené par Joël Borges puis s’est développé lors d’une résidence en mai-juin et septembre-octobre 2004 à Emmetrop (Bourges). Il a pris sa forme finale au Théâtre Gérard Philippe d’Orléans en février 2005. Le solo est une partie d’une pièce chorégraphique complète d’une durée de 110 minutes.

Danser entre deux rives : la genèse d’un projet

Lorsque Jasmina Prolic arrive à Paris en juillet 1993 pour passer l’audition du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse, la guerre ravage sa ville natale de Sarajevo depuis un an et demi. Jeune danseuse au ballet national déjà auréolée de plusieurs prix en Yougoslavie, elle quitte in extremis Sarajevo en avril 1992 pour se réfugier à Zagreb. Elle a alors 15 ans et demi.

Seule ex-yougoslave au conservatoire parisien, elle décroche presque par miracle une bourse. Elle en sort en 1996 et présente une première création, « Sarajevo, 25 avril 10 heures du matin ou Pourquoi? », avec laquelle elle remporte le 1er prix du Concours des jeunes chorégraphes de France « Solo Mio » à Albi en 1999, et qui consacre ses débuts de chorégraphe.

La première fois qu’elle retrouve sa ville natale juste après la fin de la guerre, c’est le choc.

« Je ne reconnaissais plus ma ville, cela me faisait peur. Je ne me reconnaissais plus, moi, dans cette ville. Je voulais tout de suite rentrer en France ».

Le passé est toujours là. Les douleurs de la guerre, la culpabilité des survivants, celle aussi de ceux qui sont partis et ont pourtant l’impression de sentir les mêmes meurtrissures dans leur chair. Pour exorciser, elle explore les troubles de l’identité. Ceux de ses proches comme dans le trio « Usorska 8″, référence à la rue de ses grands parents à Sarajevo. Elle songe à Dobrinja, le quartier de son enfance, devenu pendant des années la ligne de front de combats sans fin.

La guerre, toile de fond également de « Tishma Tanz », qu’elle a ainsi nommé en hommage au grand écrivain yougoslave Aleksandar Tisma, survivant du massacre des Juifs de Novi Sad en 1942.

Plastiques, transparences, bandes sons où émergent, au milieu des rumeurs métalliques du monde industriel, d’étranges mélodies balkaniques, les chorégraphies de Jasmina Prolic nous entraînent au plus près de la vie, grâce à des compositions dont l’intensité naît du minimalisme. Elle nous rend attentifs au moindre bruit, au moindre effleurement. Dans « Tishma Tanz », marcher sur du plastique à bulle simule les crépitements des armes et la fragilité des corps. La matière est ambivalente : elle devient aussi une nouvelle peau de lumière, protectrice et bienfaisante. Jamais exubérante, Jasmina choisit la force du dépouillement, créant une émotion parfois retenue jusqu’au paroxysme.

« Le passé est un bagage, des racines à explorer ». Son avenir, Jasmina le voit en France, mais la source de son inspiration est dans le va-et-vient entre ces deux mondes, dans cette double et fragile identité. Elle innove donc, elle dit dans ce langage de la danse contemporaine encore si étranger à la culture des Balkans, ce qu’elle est devenue. Son histoire et l’Histoire. Alors le langage de la danse peut devenir aussi une forme d’engagement politique.

Aleksandar Tisma

« J’étais vivant moi aussi, vivant avec impudence ».

Aleksandar Tisma, Sans Cri

L’écrivain Aleksandar Tišma est originaire de Vojvodine. Né en 1924 à Novi Sad, d’un père serbe et d’une mère juive hongroise, il a survécu au massacre des juifs de Novi Sad en janvier 1942. Après la guerre, hanté par le souvenir de ses proches disparus, il explore les arcanes de la mémoire et décrit avec une acuité particulière la culpabilité des survivants et la tentation de l’oubli qui imprègne la société.

Dans son roman « Le Livre de Blam » (Tous les ouvrages d’Aleksandar Tisma sont publiés aux Editions l’Age d’Homme. « Le livre de Blam » et « L’Usage de l’Homme » en 10/18) , le héros est le survivant. Celui qui, après, est toujours là. Son regard, sa conscience, sa mémoire aussi, sont de trop. Faut-il se souvenir ? Peut-on ne pas se souvenir ? Et qu’est-ce que ça change ?

Sur les décombres des mondes engloutis, il faut repartir à neuf. Les rues ont changé, les immeubles ont été remplacés par d’autres immeubles plus grands, plus carrés, anonymes. Personne n’a besoin qu’on se souvienne d’avant.

« La lecture de Tisma m’a profondément interpellée. Elle a fait resurgir quelques-uns de mes propres souvenirs en touchant ma propre culpabilité, et ma croyance dans la vie malgré tout. La culpabilité et la croyance d’être là, vivante et heureuse alors que mon pays croulait sous les bombes. La culpabilité devant ceux qui sont morts pour nous, et le devoir de continuer de vivre face à ces morts. La culpabilité renvoie également à une réflexion sur la fragilité de la vie et la soif, la frénésie de vivre qu’elle génère ». Jasmina Prolic

En tournée

25 avril 2009

Lamotte Beuvron, France

29 Novembre 2008

Festival Danze d’Autunno, Venise, Italie

20 Septembre 2008

Festival ZVRK, Sarajevo, Bosnie-Herzégovine

19 Mars 2008

Théâtre de Chartres

2005 – 2006

Théâtre municipal de La Ferté Saint Aubin

Festival Danse au Cœur, Chartres

Emmetrop, Bourges

Mains d’Oeuvres, Festival de Paris

Festival « Nous n’irons pas à Avignon », Gare au Théâtre, Vitry-sur-Seine

Festival d’Hiver de Sarajevo, Bosnie-Herzégovine

Théâtre National de Belgrade, Serbie

Théâtre pour la jeunesse de Mostar, Bosnie-Herzégovine

24 et 25 Février 2005

Premières, Théâtre Gérard Philipe, Orléans

Octobre 2004

Résidence de création, Emmetrop, Bourges