Ruines (Interprétation… / Plié, Tendu, Jeté)

/>
Fiche d’accueil Ruines
Fiche technique Ruines
Création 2009 / Pièce pour 6 danseurs et 1 musicien, durée 1h00 environ
Distribution
Conception et production / Compagnie Jasmina
Chorégraphie et interprétation / Isabelle David, Sanja Hasagic, Darko Japelj, Guillaume Marie, Jasmina Prolic, Marika Rizzi
Composition musicale et interprétation / Bruno Bianchi
Dramaturgie / Igor Dobricic
Scénographie / Gisèle Trembleau
Création lumière / Ivan Mathis
Partenaires
Coproduction : Emmetrop, Teatro Viriato, HIPP, Trafo
Union Européenne – Programme Culture 2007-2013 (W-EST_WHERE)
ADAMI
Conseil Régional Centre, Aide à la création
Ministère de la Culture – DRAC Centre
Ville d’Orléans, conventionnement 2009
Conseil Général du Loiret
Centre National de la Danse
La pièce
« Plié, Tendu, Jeté »… Se plier. Se tendre. Se jeter. Ou qu’est ce que ces trois verbes reflètent de la vie.
Les performeurs jouent avec ces trois états « Plié, tendu, jeté… » en tant qu’artistes mais aussi en tant qu’êtres humains. Chacun, en se confrontant à sa propre solitude et son isolement dans ce huis-clos, mais aussi dans la relation à l’autre, trouve ici l’occasion d’interroger ses propres racines – artistiques, culturelles, personnelles, historiques. Chacun prend le risque de se heurter au monde, le risque de la relation, le risque du regard de l’autre sur son histoire intime, pour engager le dialogue.
Avec humour et dérision, ils scrutent les relations humaines, le rapport de l’individu au système et laissent le public libre de sa propre interprétation.
Note d’intention
Je m’intéresse à l’existence, aux histoires des êtres. Je me heurte au monde. Un monde violent et parfois absurde. Un monde où le déracinement oblige à chercher au fond de soi l’énergie de se battre pour sa survie.
Dans cette nouvelle création, je souhaite continuer à interroger mes racines, personnelles et chorégraphiques.
C’est grâce à la danse que j’ai pu quitter mon pays d’origine et découvrir la danse contemporaine, je peux ainsi aujourd’hui créer des ponts entre la France et la Bosnie. Je m’attacherai cette fois à mes racines en tant que danseuse tout en questionnant la vie…
La danse comme art de vivre.
« Plié-Tendu-Jeté » : ces trois verbes, ces trois actions, états physiques, sont donc les trois premiers exercices techniques constituant les bases de la danse classique, et qui trouvent leur origine dans la danse baroque. Ils sont ici l’occasion de s’interroger sur la vie elle-même.
Ces pas de base sont un point de départ, une source d’inspiration pour pousser plus avant la réflexion sur les multiples significations de ces trois mots lorsqu’ils sont appliqués à la vie et aux relations humaines. Le travail touchera donc d’abord à la polysémie des mots plié, tendu, jeté et dès lors interrogera l’interprétation. Quelle est finalement la part de liberté laissée à l’artiste puis au spectateur pour qu’il donne sa propre signification de ces mots ?
« Il n’y a pas de faits, rien que des interprétations » Nietzsche
« Plier », c’est aussi se plier, à l’autorité, à un système, faire des compromis, céder. Plier mais aussi se replier, se recroqueviller, jusqu’à retrouver la position du fœtus, départ de toute vie.
« Soyez comme l’oiseau posé pour un instant sur des rameaux trop frêles qui sent plier la branche, et qui chante pourtant, sachant qu’il a des ailes. » Victor Hugo
« Tendre », se tendre pour naître, puis vivre et tendre vers quelque chose. Tendre pour donner, tendre pour aider ou au contraire tendre pour blesser.
« L’homme est une corde tendue entre l’animal et le Surhomme, une corde au-dessus d’un abîme. » Nietzsche
« Jeter » de la vie, une « part de vie », se jeter dans la vie, être jeté, projeter une image, au sens propre, mais aussi une certaine image de soi.
« Le sort en est jeté ! » Jules César
J’aimerai faire un tableau où les six danseurs seraient sur scène, dans l’esprit d’un corps de ballet, mélange de danse classique et de danse contemporaine, hommage à la danse pure, technique.
En même temps, de mon esthétique aussi tournée vers le théâtre, j’intégrerai des références politiques et historiques amenées avec humour et dérision.
Dans la continuité de ma dernière création, je souhaiterai également poursuivre ma réflexion sur le couple. J’imagine ainsi un trio pour deux danseurs et un musicien. Cette partie se tournera plus vers le théâtre physique, on entrera dans la danse théâtralisée et la relation entre les êtres.
J’imagine aussi un tableau où il s’agirait de faire vivre les esprits, de jeter la double peau pour laisser apparaître l’être profond, la vraie personnalité, de se jeter nu, dépouillé de tous les masques, dans le monde et voir ce qui arrive.
Je souhaite poursuivre l’échange avec les autres disciplines artistiques et établir un dialogue entre danse, arts plastiques, image et nouvelles technologies.
Après « Usorska 8″, « Dialogue entre deux fleuves » et « Fragments de Sarajevo », je continuerai mon travail sur la projection d’images fixes sur le corps en mouvement, ou comment donner une nouvelle interprétation d’une image, comment une image fait sens autrement en fonction du mouvement qui la fait vivre.
Je souhaite mêler des danseurs de ma région d’origine, les Balkans, et de France, mon pays d’adoption, et mélanger la danse classique, ma « danse d’origine », et la danse contemporaine, ma « danse d’adoption », dans ce souci constant de créer des ponts, de construire un dialogue entre mes deux cultures.
J’ai envie de travailler de nouveau, après « Julie(t)-Duet in absentia », avec le compositeur et musicien Bruno Bianchi qui est, au delà d’un simple compositeur, inventeur de ses propres instruments. Il va pouvoir intégrer et prendre part à cette création au même titre qu’un danseur et un comédien. On pourra ainsi imaginer toute sorte d’objets devenant instruments de musique en se pliant, se tendant, ou en étant jetés.
En tournée
15 septembre 2009 / Première
Festival ZVRK – Sarajevo, Bosnie-Herzégovine
10 décembre 2009
Friche l’Antre-Peaux – Emmetrop – Bourges. France
13 février 2010
Teatro Viriato – Viseu. Portugal