Qui est Jasmina Prolic ?

Née en 1976 à Sarajevo, Jasmina Prolic commence la danse classique à l’âge de dix ans à l’Ecole Nationale de Danse et de Musique. En 1990, elle est la plus jeune membre du Théâtre National « Pozoriste Mladih » et en 1991, elle obtient le 3e prix au Concours National de danse classique de Yougoslavie et intègre le Corps de Ballet du Théâtre National de Sarajevo. Elle y reste jusqu’à l’éclatement de la guerre en avril 1992. Réfugiée à Zagreb, elle réussit en 1993 l’examen d’entrée du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, qu’elle intègre en cycle de danse contemporaine. Pour son travail de diplôme en 1996, elle crée le solo « Sarajevo, 25 avril dix heures du matin ou pourquoi ? » qui remportera le premier prix au Concours des jeunes chorégraphes de France Solo Mio à Albi en 1999.

Membre du Junior ballet du CNSMDP en 1996-97, elle danse dans des pièces de : Jean-Claude Pambe Wayack, Hanya Holm, Doris Humphrey, Caroline Marcadé, Jennifer Müller, Carolyn Carlson, Alwin Nikolaïs, Murray Louis, Frédérique Chauveau, Hanya Holm, Jean-Claude Pambe-Wayack, Philippe Tréhet, Angelin Preljocaj.

Depuis 1997, elle a travaillé en tant qu’interprète professionnelle avec différents chorégraphes tels que Jean Claude Gallota, Joachim Schlomer, Maguy Marin, ou Palle Granhoj en France, Suisse, Allemagne, et au Danemark, et a tourné avec ces compagnies dans le monde entier, aux USA, au Canada, au Brésil, à Madagascar, à la Réunion, en Espagne, Allemagne, France, Italie, Finlande, Belgique, Autriche…

Elle a finalement créé sa propre compagnie, la Compagnie Jasmina, à Orléans en 2002, et ses pièces en tant que chorégraphe ont tourné en France, Italie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Croatie et Slovénie. Aujourd’hui, elle s’apprête à démarrer sa douzième création.

Elle collabore également en tant que chorégraphe avec des metteurs en scène tels que Gildas Bourdet, Gilles Zaepffel et Balazs Gera et travaille régulièrement avec des compositeurs et des musiciens comme Maja Pavlovska, Sebastien Surel, Szilard Mezei, Duo Resonante, Bruno Bianchi, Antonio Meliveo….

Depuis 1998, Jasmina Prolic partage sa passion pour la danse contemporaine en animant régulièrement des ateliers de danse contemporaine en milieu scolaire et universitaire, en milieu hospitalier, ainsi que dans le cadre de résidences et tournées de la compagnie, pour des danseurs amateurs et professionnels. Elle est par ailleurs artiste associée à Danse au Cœur, association pour la promotion de la danse à l’école.

Depuis 1996, elle travaille activement au développement de la danse contemporaine en Bosnie-Herzégovine. Et depuis 2007, elle est devenue conseillère artistique et récemment directrice artistique pour Tanzelarija à Sarajevo, organisation pour le développement de la danse contemporaine en Bosnie-Herzégovine, dans le cadre du projet « Nomad Dance Academy ». Elle est également directrice artistique du Festival ZVRK, festival international de danse contemporaine dont la première édition a eu lieu en septembre 2008 à Sarajevo.

Grâce à son implication dans deux pays et dans plusieurs réseaux artistiques, elle peut créer des liens et mettre en place des ponts entre les cultures. En 2007, elle a par exemple organisé les « Rencontres Chorégraphiques des Balkans » à Orléans où elle a invite des danseurs de Slovénie, Macédoine, Croatie, Serbie et Bosnie-Herzégovine. A la suite de cet évènement, elle a decidé de mettre en place un important projet de coopération européenne dans le domaine de la danse avec la Croatie, la Hongrie et le Portugal, qui aura lieu entre Juin 2009 et Juin 2011.

Jasmina s’intéresse à l’existence, aux histoires des êtres. Elle se heurte au monde. Un monde violent et parfois absurde. Un monde où le déracinement oblige à chercher au fond de soi l’énergie de se battre pour sa survie. Elle trouve chez des écrivains comme le libanais Amin Maalouf, Daniel Paul Schreber, Imre Kertesz ou encore les Yougoslaves Mesa Selimovic, Danilo Kis et Alexandre Tisma, matière à réflexion sur des sujets qui la touchent de près : l’identité, la communication et la paranoïa, la culpabilité des survivants, la destruction, la déconstruction, la déformation.

Des cultures balkaniques, elle garde un certain goût pour la spontanéité, l’expressivité, la théâtralité. Sa gestuelle est marquée par l’alternance entre maîtrise et lâcher prise, conscience et inconscience, précision et imprévisibilité.

Originaire d’un pays où la danse contemporaine est encore embryonnaire mais où les rites collectifs sont marqués par la rencontre des traditions orientales et occidentales, Jasmina Prolic cherche à établir un dialogue avec un large public pas nécessairement sensibilisé à la danse contemporaine.